24 juin 2008 07:00:22
Je viens te remercier pour cet émouvant et intense récit qui m'a passionné depuis hier soir, et m'a fait beaucoup pleurer. Je me suis maintes fois retrouvée dans ce que tu as écrit, mais je sais qu'il ne faut pas que je m'apitoie sur moi-même, il faut maintenant accepter et faire le deuil d'une image « plus parfaite » de moi, que j'avais tant souhaité atteindre un jour.
Je suis une française du Poitou (de lointaines origines communes avec vous les « Québécois »), je suis tombée sur le site des Pèlerins et Pèlerines anonymes en recherchant des infos sur le TDA des adultes.
Après des années de troubles de l'humeur variés, hyper-émotivité, sensation de n'être jamais à ma place nulle part, sentiment de ne pas réaliser son potentiel, maladresses et plus auprès de ma famille et de mes amis (rares maintenant), mille projets entamés pas terminés, enthousiasme pour les nouveautés et démotivation incompréhensible ensuite, j'ai quand même vécu une vie sociale « normale » jusqu'à 40 ans, bien que n'arrivant pas à jouir du bonheur des choses simples que la vie m'avait offertes jusqu'alors (3 filles adorables, un mari loyal et honnête, un travail rassurant) ; j'étais très souvent en état dépressif.
L'année précédant mes 40 ans, suite à un énième incident professionnel avec mes hiérarchiques (crise après les paroles d'un chef maladroit - méfie-toi de Christine, c'est une personnalité très difficile, lui avait dit son prédécesseur), j'ai fait une dépression plus sévère, et j'ai pris pour la première fois de ma vie des anxiolytiques. Mauvais dosage ou je ne sais trop quoi, j'ai commencé à faire un virage maniaque, dérapé complètement en crise maniaque pendant qq mois.
J'ai été traitée à l'hôpital près de chez moi, par une psychiatre que j'apprécie beaucoup pour son écoute. Je ne dois qu'à mon ex-mari de n'avoir pas été internée comme le préconisait le médecin local qui suivait alors notre famille.
Avec une prescription de Depakote, le trouble maniaque est passé, mais notre couple en a pris un sérieux coup. Je voyais un psychologue régulièrement, et voulais entamer avec mon ex-mari une thérapie de couple, mais il n'a pas voulu; pour lui, c'était moi la malade...
J'avais pendant ce temps une relation d'amitié qui s'était nouée avec un collègue de travail, et un jour j'ai vu l'amour en sa personne. Moi qui avais des principes sur la fidélité, le couple, qui n'avais jamais dérogé, et visais un « idéal de vie », j'ai tout claqué du jour au lendemain.
Je suis en instance de divorce, je vois mes enfants une semaine sur 2 (mon mari a demandé un divorce pour faute et voulait garder les enfants). Bien sûr elles m'en veulent pour cela ainsi qu'une grande partie de ma famille.
Heureusement, mon ami est un amour, il me soutient et accepte de m'aider. Je vais assez mal depuis plus de 6 mois, mais il reste patient et aimant. Bien sûr. je suis dépendante affective !
Je crois que j'ai trouvé enfin ce que j'ai et pourquoi tous ces problèmes depuis toute petite. Je revois la psychiatre dans une semaine et j'espère que le diagnostic de TDA (sans H dans mon cas) sera posé pour avoir enfin une médication qui m'aide. Mon médecin généraliste que j'ai vu hier soir me dit qu'il faut que je me « contrôle », il est bien gentil, mais c'est au-dessus de mes forces.
J'ai maintenant 43 ans, et le restant de ma vie devant moi (la première moitié devait être le chemin pour comprendre et accepter) pour mettre en pratique la prière de Sérénité-Courage-Sagesse que vous utilisez dans les groupes d'entraide et que j'avais, il me semble, apprise en philo au lycée (ma matière préferée!). Et puis la prière, ça me rappelle mon éducation chrétienne au possible !! (Ok avec toi, ils ne sont pas franchement charitables, je me suis tournée depuis vers un autre type de spiritualité, plus naturelle)
Je n'ai pas trouvé trace, sur internet, de pareils groupes en France : sais-tu s'il en existe ? En tout cas, merci encore de toutes ces paroles qui sont comme un baume pour nous tous, de ces actions que vous mettez en place. Je te souhaite du bonheur à venir pour ta vie, et pour celle de tes proches,
Christine.
PS : je viens de relire les premières pages du site, et j'ai vu que tu n'avais pas pu obtenir de médication. Les choses ont-elles évolué pour toi depuis ? Ici la psychiatre me disait qu'elle ne prescrit pas de ritaline aux adultes, mais je sais (internet encore) qu'en France, dans certains grands hopitaux, certains le font.
Mai 2008 -- Il y a cinq ans maintenant (depuis avril 2003) que j'ai conçu le site Web des SA en français et voilà que je désespère de voir naître de tels groupes. Il s'avère impossible de savoir ce qui se passe aux USA. La NSF semble ne plus exister; son site Web est inactif et celui des SA en anglais est revenu à son ancienne adresse Web sans adresse de courriel. Je maintiens tout de même en activité le site Web des SA en français (de même que celui des DAA et celui des GFA) pour le seul plaisir de la chose, mais, honnêtement, je finis par douter de la pertinence de ces groupes dont le concept, vieux comme le monde (les Bouddhistes, Franciscains, Stoïciens, Pythagoriciens, etc.), est le plus souvent importé, au Québec tout au moins, sans discernement. J'aurai mis tout ce temps pour le comprendre. Peut-être le temps est-il venu de passer à autre chose... Voyez tout de même tandis qu'il est encore temps, ça vaut le coup et le coût ! -- Gulemo
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