Introduction | Définitions | Critères diagnostiques | Sous-types | Troubles associés |
Dépression majeure | Troubles bipolaires | Trouble schizo-affectif
par Tamara J. Navarro, Ph.D, Consumer
pour le compte de la National Schizophrnia Foundation
Les psychiatres et les autres travailleurs en santé mentale (dispensateurs de services aux personnes souffrant d'une maladie mentale), se réfèrent à un livre qui est publié par l'American Psychiatric Association et qui s'intitule DSM-IV (Diagnostical and Statistical Manual of Mental Disorders - Manuel diagnostique et statistique des maladies mentales). Le DSM a connu quatre éditions successives, la quatrième étant la version actuelle, c'est-à-dire le DSM-IV. Le DSM est différent des livres qui traitent des maladies physiques qui, eux, permettent de diagnostiquer des maladies à partir de leurs causes ou des malaises exprimés (les symptômes).
Les médecins savent que la rougeole est causée par un virus et que les personnes qui en sont atteintes présentent une démangeaison typique de cette maladie. Les médecins savent aussi que le diabète est dû au dysfonctionnement d'un organe, le pancréas, qui ne laisse pas le corps métaboliser le sucre de façon appropriée. Mais le DSM ne traite pas des causes des maladies mentales, car les médecins n'ont pas de certitudes quant à ces dernières. Le DSM-IV a été conçu uniquement dans le but de permettre aux psychiatres et aux autres travailleurs en santé mentale de mieux se comprendre entre eux. Ainsi le DSM-IV regroupe des symptômes qu'on retrouve chez plusieurs personnes, comme le fait d'entendre des voix ou d'avoir des apparitions, et il leur attribue un nom (un diagnostic). La tâche n'est pas facile et parfois des erreurs se produisent. Mais les médecins et les chercheurs ont ainsi un outil qui leur permet d'étudier les maladies mentales et d'essayer d'en trouver les causes. Le présent document vise à définir en des mots simples ce que sont les maladies mentales et les troubles qui y sont associés, et comment ils se manifestent.
Le DSM-IV est un très gros livre qui traite de plusieurs maladies mentales. Le présent document ne traite que de la schizophrénie et des troubles qui y sont associés.
Le mot «psychose» est un terme descriptif de la schizophrénie et des troubles qui y sont associés. Le sens généralement admis du mot «psychose» fait référence aux symptômes décrits ci-après comme les délires, les hallucinations, le discours désorganisé, la pensée et le comportement grossièrement désorganisé, ou le comportement catatonique. Il s'agit des symptômes positifs [primaires]. En plus des symptômes positifs, il y a aussi des symptômes négatifs [secondaires] dont l'émoussement affectif, l'alogie ou la pauvreté du discours, et la perte de volonté. Voyons un peu ces symptômes.
1. Délires: Les délires couvrent une vaste étendue de phénomènes. Ils sont habituellement des croyances qui n'ont pas de fondements réels pour la plupart des gens selon le contexte culturel. Les délires de persécution sont les plus répandus; la personne se croit tourmentée, suivie, arnaquée, espionnée ou ridiculiisée, elle a l'impression qu'on se moque d'elle ou qu'on rit d'elle. Les délires de référence sont également répandus: la personne croit que certains gestes ou commentaires ne s'adressent qu'à elle; elle croit déchiffrer des messages qui ne sont destinés qu'à elle entre les lignes d'un livre, d'un journal ou d'une chanson. Les bizarreries sont également des délires répandus chez les personnes affligées de schizophrénie mais ils sont parfois difficiles à percevoir selon le contexte culturel. Une personne croira qu'un étranger lui a enlevé ses organes internes et les a remplacés par les organes internes de quelqu'un d'autre sans laisser de cicatrice; une autre croira que ses pensées lui ont été retirées de son cerveau. L'un croira qu'il est président ou premier ministre, un autre croira qu'il est capable de voler.
2. Hallucinations: Certaines personnes entendent des voix ou des sons inaudibles pour les autres (hallucinations auditives); certaines ont des visions ou des apparitions humaines ou animales que les autres n'ont pas, ou encore des perceptions artistiques uniques (hallucinations visuelles). Certaines personnes perçoivent de mauvaises odeurs que d'autres ne perçoivent pas (hallucinations olfactives); d'autres goûtent des aliments qu'elles n'ont pas mangés ou ne mangent pas (hallucinations gustatives). D'autres enfin ont l'impression d'avoir des araignées sur toute la surface de leur corps ou se sentent les mains et les pieds engourdis (hallucinations tactiles).
3. Discours désordonné: Coq-à-l'âne ou associations libres: la personne peut passer d'un sujet à un autre, les deux n'ayant aucun rapport. Tangentialité: la personne peut donner une réponse sans rapport avec une question qui lui est posée. Discours incohérent: une «salade de mots» qui n'ont aucun sens ou aucun lien les uns avec les autres.
4. Pensées et comportement grossièrement désorganisés: Des propos enfantins ou une agitation imprévisible: rires sans raison apparente, ou nervosité sans raison apparente. La personne trouvera difficile d'accomplir ses activités quotidiennes comme préparer ses repas, ou négligera son hygiène personnelle, ou portera plusieurs épaisseurs de vêtements (gants, foulards, etc.) par une journée chaude.
5. Catatonie: La personne fera la statue pendant des heures ou ne pensera pas à s'enlever à l'arrivée d'une voiture. Une autre dansera sans aucune musique.
6. Affects émoussés: Visage inexpressif (ni bonheur ni tristesse). Cette personne ne peut regarder les autres dans les yeux, son corps n'exprime aucune émotion.
7. Alogie: La personne ne parle pas ou ne donne que des réponses brèves et évasives lorsqu'on s'adresse à elle. Cela ressemble à une pauvreté du discours. La personne ne prononce que quelques mots ou ne parle pas du tout.
8. Perte de volonté: La personne semble vouloir ne rien faire ou ne rien terminer; elle peut rester au lit des journées entières.
A- Symptômes caractéristiques: Deux (ou plus) des manifestations suivantes sont présentes, chacune pendant une partie significative du temps pendant une période d'un mois (ou moins quand elles répondent favorablement au traitement).
Note: Un seul symptôme du critère A est requis si les idées délirantes sont bizarres, ou si les hallucinations consistent en une voix commentant en permanence le comportement ou les pensées du sujet, ou si, dans les hallucinations, plusieurs voix conversent entre elles.
Les psychiatres ont subdivisé la schizophrénie en différents types généralement fondés sur les symptômes les plus apparents ou sur une absence de symptômes apparents. On s'entend généralement sur cinq types qui sont le type paranoïde, le type désorganisé, le type catatonique, le type indifférencié, et le type résiduel.
1. Type paranoïde: caractérié principalement par deux symptômes: les délires et les hallucinations. Les délires de jalousie ou les délires religieux [mystiques]: la personne fera montre de colère ou se croira supérieure aux autres. Les hallucinations auditives: liées aux délires. Les psychiatres s'entendent généralement pour dire que ces personnes ont les meilleures chances de se rétablir car elles n'ont que peu ou pas de dysfonction cognitive, c'est-à-dire qu'elles conservent une connaissance et une conscience du monde réel; souvent elles ont un emploi et sont autonomes.
2. Type désorganisé: le principal symptôme de ce type de schizophrénie est un discours et un comportement désorganisés, ainsi que des affects inappropriés (voir Définitions n° 6). La personne peut agir comme une étourdie ou rire sans aucune raison apparente.
3. Type catatonique: type caractérisé par les mouvements de la personne. Celle-ci bouge trop ou pas du tout. Elle peut présenter un symptôme d'échopraxie qui consiste à imiter les mouvements d'une autre personne. Elle peut présenter aussi un symptôme d'écholalie qui consiste à répéter les propos d'une autre personne [ou à imiter son accent].
4. Type indifférencié: comprend les symptômes répondant au critère A de la schizophrénie mais ne répondant pas aux critères du type paranoïde, désorganisé ou catatonique.
5. Type résiduel: cette personne ne présente plus les symptômes positifs (délires, hallucinations, discours et comportement désorganisés), mais elle présente encore les symptômes négatifs [secondaires]: émoussement affectif, pauvreté du discours et perte de volonté.
Dans les troubles associés à la schizophrénie, la personne a les symptômes d'un trouble autre que la schizophrénie mais présente aussi des symptômes psychotiques. On appelle habituellement ces troubles: troubles de l'humeur. Il y a deux troubles de l'humeur auxquels peuvent s'ajouter des symptômes psychotiques, et un trouble où la personne a les symptômes de la schizophrénie et en même temps des symptômes d'un trouble de l'humeur.
Que sont les troubles de l'humeur? Le mot humeur fait habituellement référence à ce que la personne ressent (heureuse, triste, fâchée, etc.). Le DSM-IV répertorie deux troubles majeurs de l'humeur: la dépression majeure récidivante, et les troubles bipolaires.
Les symptômes: cinq ou plus des symptômes suivants doivent être présents pendant au moins deux semaines:
Parfois la personne affligée de cette maladie mentale peut aussi présenter des symptômes psychotiques comme des délires ou des hallucinations. Le diagnostic sera alors: «avec manifestations psychotiques.»
Il y a de nombreux troubles bipolaires. Le présent document ne présente que les symptômes généraux de ces troubles. Habituellement, la personne qui a un trouble bipolaire fait le va-et-vient entre les symptômes de la dépression et ceux de la manie. Certaines personnes bipolaires ne présentent que les symptômes de la manie. On a traité plus haut des symptômes de la dépression, nous traiterons maintenant des symptômes de la manie.
La personne affligée d'un trouble bipolaire peut aussi présenter des symptômes psychotiques, le plus souvent des délires [idées fausses]. Cette personne croira entretenir des relations particulières avec une vedette de cinéma, ou le premier ministre, ou un athlète célèbre. Elle aura parfois aussi des hallucinations. S'il y a présence de symptômes psychotiques, le diagnostic sera alors: «avec manifestations psychotiques».
La personne ayant un trouble schizo-affectif a les symptômes de la schizophrénie mais présente en même temps les symptômes soit de la dépression, soit de la manie, ou des deux.
Il faut se rappeler que le DSM-IV n'explique pas la cause de la maladie mentale mais regroupe simplement des symptômes que des personnes ont en commun et leur donne un nom dans le but de faciliter la discussion à propos de la maladie mentale et d'en traiter les symptômes. Les scientifiques peuvent ainsi en apprendre davantage sur les maladies mentales, essayer d'en connaître les causes et ainsi, un jour, les éradiquer.
Titre original: «Schizophrenia and Related Disorders»
Prepared for the National Schizophrenia Foundation
--» Schizophreniics Anonymous «--
(depuis février 2008, SARDAA)
traduction: Péléane, Québec (Qué), Can, déc 03